– Lectures
14 décembre, 2008, 20:15
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Le Savant et la Tempête.

Etudier l’atmosphère et prévoir le temps au XIXe siècle.
Fabien Locher- Presses Universitaires de Rennes - 

collection « Carnot »Novembre 2008 220 p., 17 euros.

L’atmosphère et le temps qu’il fait, par leurs infinies variations,
semblent devoir échapper à la science et à sa volonté de compréhension et
de maîtrise. Au XIXe siècle, pourtant, des hommes relèvent le défi. Une
foule d’observateurs scrute le ciel et note, chaque jour, les précieuses
indications du baromètre. Ces fantassins de la météorologie sont astronomes,
instituteurs, télégraphistes, ou notables de province. De son côté, la
communauté maritime cherche à cartographier les vents qui soufflent sur les
mers du globe, dans le but de rationaliser la navigation. D’autres étudient
l’atmosphère depuis les nacelles des ballons. Sous le Second Empire, des
journalistes comme Camille Flammarion multiplient les ascensions et ouvrent
ainsi la voie à une exploration scientifique intensive des espaces aériens.
Mais c’est surtout le problème de la prévision du temps qui passionne le
grand public, autant qu’elle embarrasse la communauté savante « académique
». Ce hiatus offre un espace à des constructions scientifiques «
alternatives » comme celle de l’ancien député Mathieu de la Drôme, qui
voit dans les mouvements de la Lune la clé de la prescience météorologique.
Peu après, le directeur de l’Observatoire de Paris, Urbain Le Verrier,
utilise le télégraphe pour créer le premier service de prévision
météorologique soutenu, en France, par la communauté savante et l’État.
À partir de 1863, les bulletins de l’Observatoire sont reproduits dans la
presse et télégraphiés aux marins de toutes les côtes européennes. Ces
bribes de récits écrivent une nouvelle histoire du temps qu’il fait, dans
laquelle des entités jusque là inconnues, les dépressions, parcourent
l’atmosphère pour faire régner le Soleil ou le mauvais temps.

C’est ainsi que s’invente, en plein coeur du XIXe siècle, la matrice de
nos représentations et de nos savoirs contemporains sur l’atmosphère et le
temps qu’il fait. La science y fait la démonstration de sa force de
mobilisation, et de sa capacité à prendre en charge les mutations d’une
société transformée par l’industrialisation, l’essor des médias, et la
globalisation des échanges. Elle apparaît aussi pour ce qu’elle est : une
construction sociale complexe, parfois précaire et contestée, parfois
victorieuse à imposer sa vision du monde.

Ce livre est l’histoire de cette force et de cette faiblesse.

 


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